REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Le patois est ma langue maternelle, aussi j’y porte un certain intérêt.

J’ai consulté de nombreux sites patoisants, mais que de difficultés pour la lecture ! Chacun semble vouloir écrire le patois comme il l’entend, mais nous n’avons pas tous la même oreille…

En fouillant un peu, je suis tombé sur « Le patois boulonnais tome 1 » de feu le chanoine Haigneré. Je vous en soumets quelques phrases qui m’ont interpellé :

"C'est que nos patois sont des langues parlées, dont la tradition orale est la seule règle connue."

"Mais quelle anarchie d'orthographe!"

"C'est le grand genre! Et pourvu qu'on y sème, en outre, quelques poignées de k et d'y, saupoudrées d'un nuage épais d'apostrophes, on sera regardé comme un parfait orthographiste !"

"Pourquoi faut-il que la lecture en soit devenue à peu près inabordable, pour tout autre que pour les seuls habitants du canton qui les a produits ?"

"La langue qu'il s'agit de transcrire offre de nombreuses ressemblances et présente de continuelles affinités avec celle que nous parlons et que nous écrivons tous les jours."

"Ce n'est pas du français corrompu : c'est, tout au contraire, un français d'un caractère particulier."

"Est-ce qu'il ne suffit pas de quelques règles générales de prononciation pour arriver à un résultat plus raisonnable ?"

"Pour éviter que le lecteur se méprenne et qu'il prononce par an, comme en français, ce que j'écris par en, il me suffit de l'avertir, à l'entrée de ma grammaire, de se conformer sur ce point à la prononciation classique du latin."

C’est très bien, mais pourquoi s’arrêter là ?

Après la lecture de ces ouvrages (tomes 1 et 2) que je recommande grandement, j’ajoute « mon n’importe quoi » (je ne suis pas linguiste !) pour, à mon sens, faciliter la lecture et la compréhension, et se rapprocher le plus possible de l’écriture du français.

Voici quelques mots écrits en français avec leur prononciation en patois (il suffit d’un clic sur le mot en violet pour la prononciation) :

Du charbon, nous retrouvons la prononciation de cholestérol. Nous dirons que ch en français se prononce comme k en patois. J'en vois déjà qui lèvent les bras en signe de protestation : charbon à la même origine latine que carbonnade (carbo, carbonis) et il faut écrire carbon ! Je réponds que je ne vais pas à la messe et que ce n'est pas à mon âge que je vais apprendre le latin, alors... vous écrirez carbon si vous le voulez. Pour ma part je vais au plus simple, il y aura suffisamment d'autres mots que j'écrirai comme je l'entends !

Comme en français nous disons "ognon" pour oignon, nous dirons qu’en patois "oi" se prononce "o" (d’autres pourront prononcer oé si ça leur chante) : men doigt.

Les caractères ç, c devant e et i, ss et même parfois s se prononcent [H] ( ch) en patois : ce, ça, ici, chaussure,, os pissons sur ce mur (nous comme vous se disent os), sabot pour marquer cette prononciation j'écrirai s-h-abot…

Je reviens sur le oi avec poisson et oui ça commence, je l’écrirai p(o)isson pour faciliter la compréhension et marquer le o que l’on n'entend pas. De même comment écrire le [H] en patois, comme pour cochon par exemple !? J’écrirai co-s-chon sch comme dans schema avec le s entre tirets pour marquer l’ajout (comme le -h- de s-h-abot).

Il me reste le cas du subjonctif. Comment écrire ce son ? En rajoutant -s- comme pour cochon ou en écrivant les terminaisons par analogie au subjonctif imparfait avec "ss"

  1. que je +/- radical sse
  2. que te +/- radical sses
  3. qu’il +/- radical sse
  4. qu’os +/- radical onsse
  5. qu’os +/- radical èsses
  6. qu’ils +/- radical ssetent

Le s entre deux voyelles se prononce parfois[ j] : en ois(e)au, en oison (à noter que "une oie" se dit aussi [C(ojI] -juste un peu de phonétique pour montrer que si on avait choisi d'écrire le patois de la sorte on n'en facilitait pas la lecture !-).

eau se prononce [io] : de l'eau, t'es beau, si le mot ne respecte pas cette prononciation j'écrirai (e)au (comme ois(e)au ci-dessus, alors on n'entend pas le i).........

Je ne vais pas m'étendre davantage au risque de devenir fastidieux. Relisez plutôt les écrits du chanoine Haigneré.

Enfin pour tester cela, je vous propose quelques petits textes de tournure patoisante avec leur prononciation dans la sous-rubrique "Exemple" de l'item "Patois".

Une remarque pour finir : éviter autant que possible de vouloir faire lire le patois quand on peut le faire écouter !...